Close
Veuillez noter que la commande de produits n'est disponible que pour les chirurgiens-dentistes de France Metropolitaine enregistrés sur le site dentalcare.com pour y avoir accès.
S'enregistrer
S'inscrire

Guide pour le diagnostic clinique différentiel des lésions des muqueuses buccales

Michael W. Finkelstein, DDS, MS

Sauvegarder le cas et y revenir plus tard. (Nécessite une connexion)
  • Précédent
  • Partie IV : Résumé des caractéristiques cliniques des lésions de la muqueuse buccale
  • Suivant

Tableau 1. Lésions superficielles blanches de la muqueuse buccale

Lésions blanches dues à un épaississement épithélial
Asymptomatiques ; rugueuses au toucher ; fixées en surface (ne s’enlèvent pas au grattage)

Lichen plan

Affecte diverses régions de la muqueuse ; distribution bilatérale ; plaques blanches formant des stries accompagnées d’un érythème ; présence possible d’ulcères et de lésions cutanées.

Stomatite nicotinique

Kératose (durcissement) du palais ; pathologie concernant principalement les fumeurs de pipe ou de cigares.

Langue pileuse

Modifie l’aspect du dos de la langue.

Leucoplasie chevelue

Affecte les bords latéraux de la langue ; touche les patients immunodéprimés, par exemple les malades du SIDA.

Nævus blanc spongieux

Lésions multiples affectant une large surface de la muqueuse ; antécédents familiaux ; présent dès l’enfance ; les muqueuse génitale et rectale peuvent être touchées.

Leucœdème

Disposition bilatérale sur la muqueuse buccale. Disparaît à l’étirement des tissus.

Erythème migrant (langue géographique, glossite migratoire bénigne)

Taches rouges multiples aux contours irréguliers blanc-jaune ; touche le dos et les côtés de la langue ; migration des lésions ; habituellement asymptomatique.

Hyperkératose

Possible résolution spontanée.

Dysplasie épithéliale
Carcinome in situ
Carcinome à cellules squameuses superficiellement invasif

Persistant ; habituellement asymptomatique ; plus fréquent sous forme de lésion rouge ou de lésion rouge et blanche

.

Lésions blanches génératrices de débris superficiels
Douleurs ou brûlures ; débris s’enlevant au grattage ; érythème sous-muqueux

Candidose

Antécédents d’antibiothérapie ; immunosuppression ; xérostomie ; des lésions unguéales et/ou vaginales peuvent être présentes.

Brûlures (thermiques ou chimiques)

Antécédents de brûlures.

Salive séchée et épaisse

Retirée avec de la gaze humide.

.

Lésions blanches sub-épithéliales
Asymptomatiques ; lisses au toucher ; surface translucide.

Kystes

De petits kystes peuvent apparaître de couleur blanche sur la muqueuse buccale. Exemples : kyste kératosique congénital et kyste lympho-épithélial.

Grains de Forcyde (glandes sébacées ectopiques)

De couleur jaune, circonscrites, en grappes ; situées le plus fréquemment sur la muqueuse buccale et sur la lèvre supérieure.

Muqueuse cicatricielle

Antécédents lésionnels ou chirurgicaux ; habituellement mal définie.

Tableau 2. Lésions superficielles pigmentées localisées de la muqueuse buccale

Lésions intravasculaires
Blanchissent habituellement à la pression et sont compressibles

Varice

De couleur bleue ; épaisse ; quelquefois ne blanchit pas en raison d’une thrombose.

Hémangiome

Congénital ; épais ; de couleur rouge ou bleue.

Sarcome de Kaposi

Touche les patients immunodéprimés ; peut être épais ou plat.

Lésions extravasculaires
Ne blanchissent pas à la pression ; présentes durant moins d’un mois ; possibles antécédents lésionnels ou de troubles de la coagulation.

Hématome

Lésion épaisse ; ferme à la palpation.

Ecchymose

Non épaisse.

Pétéchies

Lésions ciblées de la taille d’une tête d’épingle ; de couleur rouge, multiples et non épaisses

Lésions mélanocytaires
Persistantes ; ne blanchissent pas

Ephélides (tâches de rousseur)

Non épaisses ; situées sur les zones exposées au soleil.

Macule orale mélanique

Non épaisse ; située sur les muqueuses non exposées au soleil.

Nævus

Epais ; peut être plat aux premiers stades de son développement

Mélanome

Epais ; peut être plat aux premiers stades de son développement.

Tatouage
Ne blanchit pas ; possibles antécédents lésionnels ; objets opaques aux rayons X parfois visibles sur la radiographie ;
peut être épais ou plat.

Tableau 3. Lésions superficielles vésiculaires, ulcérées, érythémateuses de la muqueuse buccale

Héréditaires – épidermolyse bulleuse
Lésions cutanées permanentes ; signe de Nikolsky souvent présent ; la présence de cicatrices peut limiter l’ouverture de la bouche. Les lésions sont congénitales ou apparaissent très tôt ; le patient présente fréquemment des antécédents familiaux.

Mycosiques – candidose (candidiase)
Erythème muqueux diffus ; possible présence de brûlures ou de douleurs ; des ulcères peuvent être rarement présents ; lymphadénopathie rare. Le patient présente souvent des facteurs de prédisposition : prise d’antibiotiques, immunosuppression.

Autoimmunes
Apparition lente ; lésions chroniques ; exacerbations et rémissions partielles ; lésions ne guérissant pas dans un laps de temps prévisible ; lymphadénopathie rare.

Pemphigoïde des muqueuses (pemphigoïde cicatricielle ; pemphigoïde bénigne des muqueuses)

Gencive attachée érythémateuse ; vésicules parfois observées ; signe de Nikolsky, vésicules et ulcères cutanés parfois présents.

Pemphigoïde bulleuse

Vésicules cutanées, bulles et ulcères toujours présents ; vésicules et ulcères buccaux occasionnels.

Pemphigus

Vésicules et ulcères muqueux disséminés précédant habituellement l’apparition de lésions cutanées ; présence possible du signe de Nikolsky.

Lupus érythémateux

Mucite et ulcères non spécifiques parfois présents mais associés à des lésions cutanées.
Lésions buccales : stries blanches épithéliales avec érythème sous-muqueux (lésions lichénoïdes).
atteinte plurisystémique : peau érythémateuse
rash (éruption cutanée), photosensibilité, arthrite, néphrite, pathologie neurologique; anémie, leucopénie, thrombocytopénie.

.

Virales
Apparition aiguë ; lésions multiples ; présence fréquente de manifestations systémiques (sensation de malaise, fièvre, diarrhée, lymphadénopathie, lymphocytose) ; stade vésiculaire présent dans tous les cas, sauf pour la mononucléose.

Herpes simplex virus :

Herpès primaire

Vésicules et ulcères peuvent investir toute la cavité buccale, le pharynx, les lèvres ou la peau de la région péri-orale ; gencive œdémateuse et érythémateuse ; lymphadénopathie courante ; sensation de malaise, fièvre et diarrhée dans certains cas.

Herpès récurrent

Se développe sur les surfaces des lèvres exposées au soleil ; se développe dans la cavité intra-buccale sur une muqueuse kératinisée (dos de la langue, kératose du palais, gencive attachée) ; récidive habituellement au même endroit ; guérison dans un laps de temps prévisible pour chaque patient.

Virus varicelle-zona

Varicelle

Bouquets de papules prurigineuses, vésicules, ulcères sur le tronc s’étendant aux bras, aux jambes et à la face ; légère sensation de malaise, fièvre et lymphadénopathie ; ulcères buccaux occasionnels.

Herpes zoster (zona)

Douleur prodromale suivie de l’apparition de vésicules et d’ulcères cheminant le long d’un nerf sensitif ; lésions unilatérales ; névralgie post-zoostérienne possible.

Herpangine (Coxsackievirus A)

Vésicules et ulcères dans la cavité buccale postérieure et le pharynx ; manifestations systémiques modérées possibles.

Syndrome main-pied-bouche
(Coxsackievirus A)

Vésicules et ulcères sur la muqueuse buccale et pharyngée ; vésicules et macules sur les surfaces palmaires et plantaires ; manifestations systémiques modérées.

Rougeole

Fièvre, conjonctivite, photophobie, toux, rhinorrhée, vésicules buccales (signe de Köplik); éruption cutanée érythémateuse macropapulaire de la face s’étendant au tronc et aux extrémités.

Virus d’Epstein-Barr

Mononucléose infectieuse. Lymphadénopathie généralisée ; splénomégalie ; hépatomégalie ; pétéchies palatines ; muqueuse pharyngée et buccale érythémateuse ; ulcères muqueux occasionnels ; absence de stade vésiculaire.

.

Idiopathiques
Chaque pathologie doit être considérée comme une entité distincte.

Stomatite aphteuse

Apparition brutale d’ulcères récurrents sur les surfaces muqueuses non kératinisées ; les ulcères individuels guérissent dans un laps de temps prévisible variable pour chaque patient ; peut être liée à la période menstruelle, antécédents familiaux courants ; les aphtes « herpétiformes » désignent plusieurs bouquets de petits ulcères aphteux ; les aphtes « majeurs » sont des ulcérations plus profondes, plus résistantes et plus fréquentes laissant souvent une cicatrice après guérison.

Lichen plan érosif

Lésions érythémateuses de la muqueuse présentant habituellement des zones d’ulcération ; distribution souvent bilatérale ; stries blanches épithéliales en bordure des zones érythémateuses ; atrophie des papilles filiformes observable ; évolution chronique.

Mucite iatrogène

Divers médicaments peuvent entraîner des lésions de la muqueuse qui ne semblent pas être de nature allergique ; les lésions de la muqueuse consistent en des ulcères et des érosions affectant à la fois les surfaces kératinisées et non kératinisées de la muqueuse.

Stomatite allergique de contact

Brûlures, douleurs, ulcères, érosions, érythème parfois recouvert d’une hyperkératose irrégulière. Le plus souvent consécutive à l’absorption de cannelle.

Erythème polymorphe

Apparition soudaine d’ulcères diffus sur la muqueuse buccale et labiale ; récidive parfois avec des périodes variables de rémission ; lésions cutanées présentant un aspect « d’iris » ou de « cible » sur les surfaces palmaires et plantaires ; lymphadénopathie rare.

Erythroplasie : dysplasie épithéliale carcinome in situ, carcinome à cellules squameuses superficiellement invasif

Asymptomatique, persistant, érythémateux, aspect velouté, zones de la muqueuse ciblées à diffuses ; plus fréquent chez les grands buveurs.

Tableau 4. Hypertrophie des tissus mous

Réactive

Tumeurs

Régression, résolution

Progressives

Souvent symptomatique

Souvent asymptomatiques

Vitesse d’évolution : heures, jours, semaines

Vitesse d’évolution : semaines, mois, années

Taille variable

Persistantes et progressives

Parfois associée aux ganglions lymphatiques mous et sensibles

Ganglions lymphatiques non hypertrophiés à moins d’être associées à un cancer métastatique ; sont dans ce cas fermes et non sensibles

Parfois associée à des manifestations systémiques

Des manifestations systémiques apparaissent tardivement dans l’évolution du cancer

.

Tumeurs bénignes

Néoplasmes malins

Evolution lente : mois, années

Evolution rapide : semaines, mois

La muqueuse superficielle est habituellement d’aspect normal, sauf en cas de traumatisme

Risque d’ulcération plus important de la muqueuse superficielle

Souvent mobiles par rapport aux structures périphériques

Adhèrent aux structures périphériques.

Peuvent entraîner une mobilité dentaire

Peuvent entraîner une parodontite

Asymptomatiques

Symptomatiques

Bien circonscrites

Mal circonscrits

Tableau 5. Tumeurs épithéliales bénignes

Fermes ; non sensibles ; fixées à la surface ; surface rugueuse ou aspect en chou-fleur ; de couleur pâle.

Papillome

Aspect pédiculé ; exophytique

Verrue vulgaire

À large base ; exophytique

Condylome acuminé

A large base ; exophytique ; lésions multiples ; lésions génitales fréquentes

Tableau 6. Tumeurs mésenchymateuses bénignes

La muqueuse superficielle est d’aspect normal, sauf en cas de traumatisme ; et habituellement bien circonscrites
asymptomatique, à évolution lente

Fibrome consécutif à une irritation

Ferme ou compressible

Epulis fissuratum (hyperplasie fibreuse inflammatoire)

Se situe de manière adjacente à la fausse gencive de la prothèse dentaire amovible ; ferme ou compressible

Fibrome périphérique (fibrome ossifiant périphérique)

Ne se développe que sur la gencive ou sur la muqueuse alvéolaire attachée ; ferme, parfois ulcéré ; possibilité de mobilité dentaire

Leiomyome

Ferme ; parfois vasculaire.

Rhabdomyome

Ferme ; situé dans les muscles squelettiques

Granulome périphérique à cellules géantes

Ne se développe que sur la gencive ou sur la muqueuse alvéolaire attachée ; vasculaire

Hémangiome

Congénital ; compressible ; vasculaire ; circonscrit ou diffus

Lymphangiome

Congénital ; compressible ; habituellement diffus ; non vasculaire

Granulome pyogénique

Vasculaire ; compressible ; à évolution rapide fréquente, ulcéré, saigne facilement

Lipome

Encapsulé ; compressible ; parfois de couleur jaune

Névrome (névrome traumatique ou d’amputation)

Ferme ; habituellement sensible à la palpation ; la taille de la lésion dépend de la taille du nerf atteint

Neurofibrome

Ferme ou compressible ; non sensible ; circonscrit ou diffus ; peut être associé à une neurofibromatose

Schwannome (neurilemmome)

Encapsulé ; ferme ; non sensible ;

Tumeur à cellules granuleuses

Ferme ; à surface parfois rugueuse

Epulis congénitale

Ferme ; congénitale ; ne se développe que sur la muqueuse alvéolaire attachée

Tableau 7. Tumeurs bénignes des glandes salivaires

Bien circonscrites ; à évolution lente ; asymptomatiques ; muqueuse superficielle d’aspect normal, sauf en cas de traumatisme ; ne se développent qu’aux endroits où les glandes salivaires sont présentes (partout dans la muqueuse buccale, à l’exception du palais dur (antérieur) et de la ligne médiane du palais, de la gencive et de la muqueuse alvéolaire attachée).

Adénome pléomorphe (tumeur mixte)

Encapsulé ; ferme ou compressible

Adénome monomorphe

Encapsulé ; ferme ou compressible

Oncocytome

Encapsulé ; ferme ; touche l’adulte âgé

Cystadénolymphome papillaire
(Tumeur de Warthin)

Encapsulé ; ferme ou compressible ; se développe dans la glande parotide

Carcinome adénoïde kystique*

Ferme

Carcinome à cellules acineuses*

Ferme

Carcinome mucoépidermoïde de bas grade*

Compressible ou d’aspect fluctuant

Adénocarcinome polymorphe de bas grade*

Ferme

* Ce sont des néoplasmes malins mais qui présentent parfois les caractéristiques cliniques et historiques des néoplasmes bénins.

Tableau 8. Kystes des tissus mous

Compressibles ; bien circonscrits ; asymptomatiques ; d’évolution lente ; muqueuse superficielle d’aspect normal.

Kyste gingival

Situé sur la gencive attachée avant les 1ères molaires

Kyste lympho-épithélial

Habituellement de couleur jaune ; se développe dans le plancher buccal, sur les surfaces ventrale et latérales de la langue, le palais mou et la région tonsillaire ; se développe également dans la chaîne lymphatique cervicale antérieure (fente branchiale ou kyste lympho-épithélial cervical)

Kyste épidermoïde ou dermoïde

D’aspect « pâteux » à la palpation ; se développe habituellement dans le plancher buccal ; se développe communément dans la peau

Kyste du tractus thyréoglosse

Se développe sur la ligne médiane du cou ; peut adhérer à l’os hyoïde et être mobile à la déglutition

Kyste naso-labial

Situé dans le pli labial maxillaire et dans la région de l’aile narinaire

*Ce sont des kystes mais qui présentent les caractéristiques cliniques et historiques des néoplasmes bénins.

Vidéo
Experts / Advisory
transcription
Close Button
Sauvegarder votre cas : Close
Congrats

Félicitations!

D'après les informations de votre profil, il semble que vous soyez diplômé. Vous pourrez néanmoins continuer à avoir accès à la section étudiante pendant un certain temps. Vous avez maintenant également accès à la section Formation Professionnelle.

Veuillez prendre un moment pour mettre à jour votre profil.

Nous vous conseillons également de vous connecter sur a section Graduation Student où vous trouverez des conseils et des informations sur la gestion de votre nouveau cabinet.